320 LA RÉVOLUTION DES EVEQUES
soumet de gré Bénévent, de'force Troie, Capoue, Sa-lerne, frappant les Grecs au profit des indigènes, desNormands et de la liberté, qui agite les villes des dogeset des ducs. Les nouveaux Franks sont acceptés enmercenaires comme des soldats indispensables aux in-digènes. Le duc de Salerne les considère comme sesfédérés; le prince de Capoue leur accorde une terre oùils construisent Àwersa, la première ville normande.Le doge de Naples les retourne contre Capoue, en leuraccordant la campagne d’Avversa; à Rome et dans lereste de l’Italie, Ms sont déjà signalés comme les futurslibérateurs des régions échappées au pacte de Charle-magne; c’est d’eux qu’on attend la conquête de laSicile, qui gémit sous le pouvoir des musulmans. Gui-dés par la voix publique, ils marchent droit à la libéra-tion de la Sicile.
Vont-ils subjuguer les musulmans de Palerme?Pas encore. En Sicile, ils tombent dans l’alliance del’Orient, sous le commandement du Catapan. Sans ra-cines en terre ferme, sans base d’opération, ils se trou-vent amenés à faire une conquête pour le compte desGrecs de Byzance, leurs véritables ennemis. Ils ne. vonten Sicile que pour accepter la mission qui leur est dé-cernée indistinctement contre tous les tyrans du Midi.Dédaignés, outragés par le général byzantin, ils replientsoudain leurs tentes et ils rentrent dans leurs campe-ments de terre ferme, pour y attendre un nouveauMello qui les appelle à la grande guerre de la révo-lution.
Le nouveau Mello arrive, c’est Ardouin, un Lombardvassal de l’archevêque de Milan *. Au service du géné-
1 Arduyn, servicial de saint Ambroise, archevesque de Milan.(Histoire de U Normands.)