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Tome premier.
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,328 LA RÉVOLUTION DES EVEQUES

N’est-elle pas l’ancienne adversaire du comte de Tos-colo? Sous Jean XIX, elle s’est coalisée avec la féodalité,mais coalition n’est pas fusion. Le nom du nouveaupape Benoît IX démontre que la coalition est dissoute :qui l’a dissoute? La révolution, qui devient irrésistible.

Elle proclame l’anti-pape Silvestrc III, probablementproposé par la noblesse citoyenne. Mais Silvestre n’estque l’erreur d’un moment : avec lui on reculerait aulieu d’avancer; abandonné au bout de trente jours,il ne règne plus que sur un quartier de Rome. Les Ro-mains persistent à demander un pape de la révolution,un homme de Dieu et du peuple, contre les deux papesqui représentent les deux aristocraties des doges et descomtes. Mais comment les détrôner? Est-ce par un con-cile œcuménique? par les formes de la vieille légalité?par un appel aux évêques d’Italie et à ceux de l’empire ?Non, on ne peut pas même s’aventurer dans les alen-tours de Rome; Silvestre III occupe un quartier de laville; Benoît IX occupe la campagne; les villes ita-liennes ne peuvent se sauver que par l’illégalité révolu-tionnaire : si elles respectaient les lois, les juridictions,les traditions, elles retomberaient sans cesse dansl’ère des doges ou des comtes. Il n’y a donc d’autreissue que de se jeter sur le terrain sacré de l’Église ens'adressant directement au clergé pour s’élever au-dessus des deux aristocraties.

Après Sylvestre III, pape de trente jours ; on voitparaître un troisième pape, un Romain, Jean Gratien,un archiprêtre qu’on représente comme un saint;voilà l’homme du peuple, le pape de la révolution. Sonnom de Grégoire VI rappelle le premier anti-pape Gré-goire, que le peuple opposait à Benoît VIII, premierpape de Toscolo; et la nouvelle homonymie le place