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Tome premier.
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330 LA RÉVOLUTION DES EVEQUES A ROME.

à moitié calmées. Le peuple commence à respirer; ilconquiert la paix : son but est atteint. D’après Wil-laume , Grégoire VI est un pape très-juste et très-pieux, « magnæ religionis et severitatis. » PierreDamien célèbre son avènement comme un grand bien-fait pour l’Église. D’après Glaber, ce bienfait est uneréforme générale 1 , et chez Willaume, on voit quela réforme du nouveau pape est celle de la paix : « pax« per multorum segniliem exulans per unum homi-« nem in patriam rediit. » Dans la langue des chroni-queurs, la paix, c’est la fin de la domination féodale.Depuis Grégoire VI, le parti de l’aristocratie citoyennes’évanouit à jamais ; il n’y a plus que les deux partis dupeuple et des comtes; le premier est victorieux avecl’Eglise et les comtes en déroute continuent à résister,comme les vavasseurs de Milan ou les royalistes de laToscane. Négligeant même les conjectures que nousvenons d’exposer sur le mouvement des partis, il estincontestable que, depuis Grégoire VI, il y a une révo-lution complète dans la politique de Rome. Auparavantles comtes suivaient l’Église et c'étaient eux qui l’im-posaient aux Romains; à partir de Grégoire VI, c’est lepeuple qui suit l’Église, c'est lui qui l’impose aux com-tes de la campagne et qui la représente dans le vraisens moderne.

La révolution de Rome est le plus grand de tous lesempiétements contre la féodalité impériale. Deux ans ethuit mois après l’élection de Grégoire VI, l’empereurConrad III arrive avec une armée très-nombreuse etconvoque le concile de Sutri pour que l’anti-pape de larévolution soit déposé.

t « Cujus videlicet bonæ famæ quidquid prior fondaverat in« melius reformavit. »