334 RÉACTION IMPÉRIALE
« taient la campagne, ainsi qu’ils l’avaient promis au« roi. »
Mais c’est ici que la réaction essuie son échec défi-nitif. Héribert improvise l’armée du peuple, ramassela multitude, lui donne des piques, la groupe autourdu Carroccio, immense char traîné par des bœufs, surlequel on place des prêtres, un autel, le drapeau de lacommune, la cloche du rappel, et la foule entourele grand char de la patrie pour former une phalangequi s’avance , serrée et compacte , contre la cava-lerie féodale. Le chevalier, cet être royal, bardé defer, demi-dieu invulnérable, qui fondait comme lafoudre sur les manants, se trouve soudainement arrêtépar une masse vivante, unie, hérissée de piques ; soncheval se cabre, son épée est trop courte; il faut recu-ler. A la mort de l’empereur Conrad II, la révolutionmilanaise est reconnue et sanctionnée par le nouvelempereur Henry III. D'après le chronographe saxon,Héribert fut réintégré dans la grâce de l’empereur :« gratiam regalem recepit 1 2 . » L’épreuve était faite, lescomtes abolis, les libertés conquises et l’archevêqueayant pleins pouvoirs, la réconciliation était assurée.Dans son élan, la ville était entièrement renouvelée;avant l’an 1000, elle se traînait sous le joug de l’aris-tocratie royale; après la réconciliation, l’ancienne aris-tocratie se trouvait détruite, toutes les grandes famillesétaient emportées par la tourmente de la révolution
1 « Heribertus de controversia sua quam contra Cesarem exer-« cuit salisfaciens, interveutu procerum, gratiam rëgaiem recepit,« rursusque juramento pacem servaturus affîrmans, patriamo remeavit. »
2 Landolfe Senieur, en parlant des anciens ducs « qui Mediola-