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Tome premier.
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RÉACTION IMPÉRIALE

— L’évêque de Reggio n’est pour moi qu’un ami :mes ciiartes me déclarent indépendante.

— Pardon, je vois que tu touches au ciel.

— Chantons Boniface.

— Ce sera mon rôle : Virgile est né dans mes murs.

— O va ! tu es née trop près de Crémone , Virgile te

l’a dit : «Mantua væ miseræ nimium vicina Cremonœ ,»tu n’as pas su garder ton poète, tu ne l’as pas défendu :c’est dans mes terres qu’il a dû se réfugier , quand tuétais envahie par les légions ennemies ; c’est à Romequ’il trouvait la liberté et un asile contre ton impuis-sance ‘.

La ville de Virgile s’étend depuis Ferrare jusqu’aupatrimoine de saint Pierre. Béatrix règne en mêmetemps sur le duché de Lorraine; et à sa mort, c’est Pisequi garde son corps, Pise devenue la capitale de la Sar-daigne, le grand port de la Méditerranée. La vieilleforteresse de sainte Adélaïs crie à la profanation. « Je« suis dévorée par la douleur, dit-elle; le corps de« Béatrix est livré à la ville souillée par les Turcs, les« païens, les habitants de la Lybie, lesParthes. Fuyons« les villes où les parjures se multiplient avec les cri-« mes. » On reviendra plus tard à Canosa, dans lesjours du danger; plus tard les marquis déploreront lapuissance athée du commerce, qui disperse la noblessedu vieux temps. En attendant, ils suivent la civilisationqui se développe par les évêques, par la patrie de Vir-gile, par le port de la Méditerranée. Dieu, dit-on, lesprotège, et le peuple le suit.

La maison de Savoie, qui s’étend en Piémont, dansl’Helvétie et dans le Dauphiné, nous présente à son tour

1 V. Douizon.