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Tome premier.
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la constitution du premier peuple, l’évêque est prince;il lutte, il est l'homme des chevaliers, des comtes et desducs. La commune française est presque toujoursappelée une conspiration, une conjuration, c’est unevraie ligue de manants. Le nom même de jurés, parlequel on désigne le peuple officiel, indique un effortviolent pour arriver à la liberté. Les hommes de lathéologie, desconciles et de la cour ne manquent jamaisde soutenir les évêques contre les jurés, et rien n’égalele mépris des chroniqueurs français contre les « con-jurations impies » des communes.

Au rebours de la France, l’Angleterre limitrophe sedéveloppe avec la loi, en haine de la théologie. Pourelle, le l ègue des prêtres, c’est l’invasion étrangère,la conquête danoise ou l’arrivée de Guillaume deNormandie au nom du saint-siège. Devenu Anglais,Guillaume refuse le serment de vasselage à Grégoire VH,et il s’attache à la loi pour défendre ses grands fiefs deFrance contre l’interprétation sacerdotale de l’unitéfrançaise. Sa force est dans la lettre du droit féodal,dans le respect de la légalité; ses hommes forment àleur tour une union exclusivement légale et fédérale,et c’est ainsi que l’Angleterre transforme sa pro-pre défaite en une conquête de la Normandie fran-çaise.

Au rebours de l’Angleterre, l’Ecosse se développe parla théologie ; elle n’existe que par son roi, et son roi nepeut s’imposer aux thanesque par la dévotion, et l’au-torité de l’Eglise, en imitant l’empiétement moral etcontinuel de la monarchie française. Dès que la reli-gion cesse de le protéger, les tînmes se révoltent,excités par l’aristocratie anglaise, secondés par la loipaïenne; ils vivent de rapine; la terre tombe en friche,