300 LA RÉVOLUTION UK S EVEQUES
raie qui dérobe une moitié delà semaine et plus de lamoitié de l’année au droit de la guerre féodale et fédé-rale. La liberté est violée au profit du roi et du peuple.D’un seul coup, tous les comtes se trouvent à moitiédésarmés et réduits à l’état de citoyens. La multituderespire. En t060, arrive la chevalerie, nouvelle institu-tion où l’homme de guerre devient épiscopal; il seprépare au combat par le jeûne et l’eucharistie, s’élanceà cheval au sortir de l’église, et se transforme en unesorte de moine laïc qui porte l’ascétisme dans l’obliga-tion de braver tous les dangers pour défendre les orphe-lins et les opprimés. Tout chevalier imite les Normandsde Païenne, qui s’étendent par la grâce du saint-siège.En 1066, Guillaume de Normandie ramasse les hommesqui cherchent un avenir en dehors de la loi, et les en-traîneen Angleterre sous l’étendard du pontife,et l’An-gleterre, conquise comme la Sicile, devient un fief del’Eglise et une conquête du peuple. Tel est le mouvementdes évêques sur le sol de la France. Quant aux révolu-tions épiscopales des villes, elles ne doivent pas comp-ter; ce sont des révolutions allemandes, flamandes, dé-paysées, déroutées, à contre-sens des allures généralesde la monarchie unitaire. Elles n’ont ni l’appui du roi,comme en Allemagne, ni celui des évêques, comme enItalie. Elles ne trouvent pas, comme en Italie et en Al-lemagne, un sol favorable à la fédération. Violemmentcombattues par le clergé et par la noblesse, elles netriomphent çà et là qu’en dépit des évêques, commedes accidents tolérés par la cour, qui suit le mouvementgénéral des conciles et de la religion. A Sens, à Sois-sons, à Reims, à Laon, etc., les évêques sont toujoursimpitoyables; la franchise de rimmunité est la seulechose qui soit aisément accordée. Dès qu’il s’agit de