366 LA REVOLUTION DES ÉVKQI'ES
révolution , on entrevoit le progrès de la liberté russe,dans les nombreux congrès des princes ; dans le peu-ple qui hait les évêques, dans les prétendants qui atta-quent la branche aînée, dans les tragédies de palais,dans la guerre continuelle contre la Pologne. Et enfinla révolution s’accomplit, avec Valdimir I er , qui renou-velle les lois et n’a plus rien à craindre, soit de Kief,soit des Polonais.
En Hongrie, le progrès suit la même loi qu’en Po-logne, en haine de l’Allemagne limitrophe ; malheu-reusement la nation, à peine convertie, ne résistepas au redoublement de l’impulsion catholique. Lathéologie hongroise, qui s’impose par le fouet, soulèveune violente opposition; le roi Pierre combat Aba;André combat Bêla; la lutte reparaît entre Salomon etGeysa , l’un catholique, l’autre à la tête de la féodalitépaïenne qui veut être libre comme les thanes de Mac-beth. Les deux partis manquent également aux condi-tions de la nationalité hongroise; le parti royal, quiécrase la noblesse, ne peut puiser son catholicisme quedans la fédération germanique, chez l’ennemi; il com-promet ainsi la patrie. La noblesse, au contraire, quidéfend la patrie, la dégrade par son idolâtrie d’unautre temps et tombe dans de folles atrocités. En 1047,les vieux Hongrois massacrent les chrétiens : « Nous« voulons, s’écrient-ils plus tard, qu’il nous soit per-« mis de suivre l’usage de jpos pères, d’adorer les« idoles, de lapider les évêques, d’exterminer les prê-« très, de tuer les clercs, de pendre les collecteurs des« dîmes, de détruire les églises, de briser les cloches. »L’ère des évêques passe sans résultat pour la Hongrie,et c’est beaucoup si le royaume reste chrétien.
Le Danemark devient de plus en plus dévot, ado-