DANS TOUTE L’EUROPE.
367
rant ses évêques pour que la royauté triomphe desgrands, et résiste au fédéralisme de l’Allemagne quimenace le royaume. Mais les rois ont perdu l’Angle-terre, leur couronne est exposée aux outrages desgrands ; le progrès est lent et pénible.
Amoindrie dans le Danemark, l’action unitaire neforce plus les nations limitrophes de la Suède et de laNorvège à se développer avec la loi opposée des fédéra-tions. Ainsi en Suède, la loi et la liberté, toujours fon-dées sur les paysans, restent à peu près païennes. Vers1060, le roi Stenkil porte la main sur les idoles, et aus-sitôt la rébellion éclate, tous les chrétiens sonl expulsés.Enge, qui rétablit le christianisme, est chassé à coups depierre, et ne triomphe plus tard que par celte nécessitésuprême qui ne permet à aucun peuple de chercherune liberté étrangère à la foi chrétienne. — Il en estde même de la Norvège, où les rois sont en butte àd’affreuses persécutions.
L’Église transporte dans son organisation intérieurela révolution de l’an 1000 : voulant être la vraie villede Dieu et des élus, la république immaculée du pape,des évêques et des prêtres, elle chasse ses comtes, sesfeudataires qui l'envahissent, je veux dire les prêtresmariés, qui fondent une sorte de féodalité cléricaleau sein de l’Eglise. On envoie dans toutes les partiesde l’Europe des messagers du pape, des tribuns de vir-ginité; on multiplie les conciles pour supprimer lesfamilles ecclésiastiques qui transmettent de père enfils les bénéfices, à l’imitation des feudataires. Il enrésulte une ère de dévotion, d’exaltation, de pacifi-cation; le monde est pris au rebours; la nature estintervertie par la morale catholique, et l’Eglise sereconstitue par une phalange inaccessible et compacte