DES PAPES.
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tion qui aurait frappé l’empereur ne l’aurait-elle pasconfondu d’avance avec les infidèles, avec les Sarrasins,avec toutes les puissances de l’enfer ?
Il restait un obstacle à vaincre : les prétentions del’Église se trouvaient démenties par la loi, par la tradi-tion impériale; les empereurs s'étaient toujours appar-tenu : ils avaient préexisté à la papauté; ils l’avaientprotégée; elle avait toujours reconnu, accepté, solli-cité la protection impériale : c’est de l’empire quelletenait ses terres, ses biens, son exarchat, même l’hospi-talité , et un pouvoir délégué dans la ville des Césars.Les papes avaient toujours été confirmés par les empe-reurs. Comment le vassal pouvait-il accuser de rébel-lion le suzerain ? L’objection était prévenue de loin ; lejour même où Léon III transportait l’empire en Occident,une tradition obscure voilait la rébellion pontificalecontre Byzance ; on avait dit que Constantin avaitdonné l’Italie et l’Occident au pape saint Silvestre, etce bruit avait été depuis répété, confirmé, exagéré. Untravail d’imagination et d’imposture sapait la base detout le droit positif de l’empire. Les anciens sonvenirsétaient interprétés avec les idées nouvelles. Dès queRome entrait dans l’ère de la révolution épiscopale,on avait parlé des desseins du pape sur l’Occident.Sous l’influence de l’an 1000, on rappelait la faussedonation de Constantin : Léon IX y croyait; plus ilétait trompé et mieux il trompait. Sous Nicolas II, l’er-reur se répandait; tout le passé prenait un sens mo-derne ; partout le pape se substituait à l’empereur :c’était le pape qui, dans l’opinion universelle, étaitdevenu le maître de l’Occident. L’avénement de Cons-tantin, l’avénement du christianisme lui avaient livrél’empire. Le vassal protégé, favorisé, confirmé, n’était
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