iOO LA LIBRE ÉLECTION
sade, réclamée par Grégoire VII contre tous les infi-dèles. La croisade était fille de la révolution épiscopale ;cétait la guerre des Normands en Sicile; des Pisansen Sardaigne, généralisée, imposée à l’Occident etmême à Byzance pour soumettre toute la terre à lathéocratie chrétienne. C’est ainsi que l’on conçut lacroisade, quand elle fut annoncée pour la premièrefois; depuis, elle s’exalta : elle devint une œuvre sacrée;la conquête de Jérusalem , un nouveau sacrement. Onattribua la longue impuissance de l’Occident et la forcedes infidèles aux vices, aux discordes de l’Europe, auxcrimes des comtes, à la féodalité impériale; on ne doutapas de la victoire, à la condition de l’union de la paixet de la concorde par les évêques et par l’Église; oncrut que Dieu voulait le succès: on s’attendait à le voirdevancé par desmiracles : il y avait même des enfantsqui prenaient la croix comme s’ils devaient être pro-tégés par des anges. La croisade promettait la do-mination du monde à la religion : et qui dominaitla religion, sinon le pape? Si le pape était le vicairedu Christ, le représentant de Dieu sur la terre, siles fidèles lui devaient obéissance et adoration, s’ilordonnait la croisade en terre Sainte, si on devait quit-ter les châteaux, les manoirs, les guerres, les discordesde l’Europe pour délivrer Jérusalem, si cette penséeétait inséparable du christianisme, si la chrétienté nepouvait abandonner Jérusalem sans avouer l’impuis-sance du Christ, dans sa propre patrie, sans donnergain de cause aux infidèles et à Satan, n’est-il pasévident que la croisade subjuguait l’empereur . qu’ellel’asservissait au pape, qu’elle l’obligeait à céder ? Com-ment refuser les investitures, comment résister aupape, au moment de la croisade? L’excomnmnica-