CHAPITRE XI
LA RÉACTION PONTIFICALE ET IMPÉRIALE CONTRE LA LIBREÉLECTION DES ÉVÉQUES.
L’utopie de Grégoire VII contient le germe de la réaction ponti-ficale.— On lui reproche de créer une papauté nouvelle etimpie.—On la réfute par l’histoire des papes. — Les moinesde Farfa contestent la donation de Constantin. — On oppose àGrégoireVII l’utopie d’une Eglise libre fédérale et impériale.—Transition du débat au combat.— Le pape et l’empereur setrouvent à la merci de leurs propres soldats d’Italie et dansl'impossibilité d’accomplir la réaction.
Le chef des croyants semble être le héros de la libertéitalienne ; tandis qu’il accable l’empereur par ses pré-tentions tilaniques , on dirait que les villes sont désor-mais dégagées de la triste nécessité de lutter contre ladouble résistance des deux chefs de la chrétienté : aumoins l’un d’eux est gagné, en apparence, à la révo-lution de Rome. Mais non, on n’avancera qu’en lescombattant tous deux également conservateurs, et laréaction pontificale est tout entière dans l’utopie deGré-goire VII qui réclame une servitude universelle avec lefaux semblant d’un tribun. S’il obtient les investitures,il nommera tous les évêques de l’empire, les grandsélecteurs d’Allemagne, l’empereur lui-même; aucuneville, aucun bourg, aucune abbaye ne pourra plus nom-mer son chef spirituel, qui est son président, son juge,son capitaine républicain; tout évêque jouera le rôlede comte relevant du consistoire romain substitué àla diète germanique; les franchises des peuples seront