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LA RÉACTION PONTIFICALE ET IMPERIALE
à la suite de leurs évêques, chefs de révolutions quasirépublicaines, assomment le vieil empire sous lescoups de Grégoire VII, et la nouvelle papauté sous lescoups du nouveau César régénéré. L’empereur nesaurait résister au pape devenu tribun, appuyé partoutes les colères de la démocratie, et pouvant at-teindre son adversaire en Allemagne, par les révo-lutions de Bavière et de Lorraine se propageant pardes Velfes italiens. A son tour, il faut que le pape cèdeà la stratégie de la révolution italienne, qui le rend fortou faible suivant qu’il est tribun ou despote. Quels sontses amis? Les Normands, créés par la révolution etdans l’impossibilité de confondre leur liberté avec celledu saint-siège; les Toscans, en apparence soumis à ladomination unitaire de la comtesse et déjà si libresdans leurs villes que l’abbé de Pomposa imposait aumarquis Boniface une flagellation épiscopale. Pise ,la Sardaigne, la Corse, la famille d’Este, celle de Sa-voie, toutes fédérales, ne peuvent se sacrifier au triom-phe unitaire du chef des Romains. — Les villes romai-nes sont à moitié insurgées contre les évêques et lesrecteurs imposés. Ravenne demande la déchéance deRome : Rome veille en armes sur son démiurge si sou-vent immolé; l’aristocratie de la campagne s’apprête àrenouveler le schisme de Cadaloo; celle de la ville seraitheureuse de s’allier à un nouvel empire pour vengerses doges écrasés par la maison de Saxe. —Enfinsi Rome sommeille et s’oublie à la suite du grand-prêtre qui la trompe, la Lombardie depuis les empe-reurs d’Allemagne est la terre des révolutions, Milanest la ville du char de guerre contre toute invasionrétrograde. Dès 1061, elle sait qu’un empereur peutêtre plus libre que le pape ; les Lombards ont déjà