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LA GUERRE DES INVESTITURES
ensevelie par un berger, atteste en même temps l’ex-pulsion des comtes et l’évolution ; et la ville longobardepouvait rappelèr son inscription d’autrefois : « Je suis« appelée Hasta, parce que je me venge cruellement« des injures. » Vers 1098 , lecomte de Savoie, Hum-bert II, cède à l’évêque quatre villages, en livre deuxà la commune, et, de plus, promet de ne faire niguerre, ni paix au marquis de Savone, sans le consen-tement des citoyens. Ast, fidèle au saint-siège, se dé-vouait au pape Gélase II, à tel point que, en 1118,Henry V faisait exécuter trente citoyens et en condam-nait deux cents aux mines, en Allemagne.
Turin, encore plus attardée sous la domination ducomte de Savoie, se lève enfin pour imiter les villeslombardes, et son effort laisse un souvenir tragique ré-sumé dans ces mots, 1080 : « La ville de Turin, frappée« par la guerre, par la discorde, par la peste et par la« foudre, resta longtemps déserte et inhabitée. » Turinétait écrasée par le comte, son peuple chassé, sonévêque en fuite dans son fief de Testona (Moncalieri)et la désolation durait vingt-quatre ans, jusqu’en 1104.Mais, à cette époque, l’évolution s’accomplissait par laréconciliation de l’évêque avec le comte, réconciliationtoute pontificale et orthodoxe : car l’évêque qui ren-trait, après vingt-quatre ans d’exil, était considérécomme un saint, et on disait qu’il avait rendu la vue àun aveugle.
Chieri, plus heureuse, était affranchie par le comtede Savoie; vers 1094, à l’époque des évolutions lom-bardes, le comte la comblait de faveur, probablementpour la tourner, au nom de la liberté, contre les agita-tions de Turin.
En 1092, Saluce se révolte contre les comtes de Savoie,