DANS LES VILLES. 429
yille militaire qui repousse, par un évêque impérial, lejoug de la comtesse.
Lucques et Sienne sont imitées par Volterra qui sejette, dès 1081, dans le camp du schisme ; son évêque,Opilione, est signalé comme dissipateur; Eucaristo quirègne en 1119, est déposé par le pape Gélasell, commeprodigue. Vraies ou fausses, ces accusations sont hos-tiles, pontificales; Volterra est donc l’alliée de l’empire.
Pise se tourne, en 1081, sous l’évêque Gerardo,comme Lucques et Man loue vers la protection de l’em-pire. Un diplôme impérial défend de prendre, de dissi-per, de mettre sous séquestre les maisons des citoyens,d’imposer des corvées, de juger sans suivre la loi, d’em-pêcher la navigation , de loger de vive force dans laville ou dans les alentours. La défense s’étend jusqu’àl’empereur lui-même. Les Pisans sont affranchis detout péage sur les fleuves, depuis Rome jusqu’à Pavie;aucun marquis ne sera nommé en Toscane sans leconsentement des douze consuls réunis en conseil auson du beffroi. Aucune tour, dans le territoire de Pise,ne pourra dépasser la hauteur de trente-six brasses,et tout grand ou puissant qui violera les franchisesoctroyées payera deux cents livres d’or: cent au fisc etcent à la commune. En 1084, l’empereur confirme denouveau les privilèges accordés depuis trente-quatreans aux chanoines. Le pape ne peut plus ramener laville qu'en surpassant les libéralités de l’empereur.En 1088, il livre la Sardaigne à l’évêque de Pise, Da-gobert; en 1091, il élève l’évêché au rang d’archevê-ché et en étend la juridiction à la Sardaigne et à laCoi •se. Le pape Gélase II favorise encore les Pisans,s’efforçant de les retenir à tout prix dans l’oscillationpontificale. Mais la loi des villes toscanes l’emporte : il