DANS LES VILLES.
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abandonnée de tout le monde, elle ne peut plus se fier àaucune ville. Où siége-t-elle? Nulle part: nous la voyonserrante, campée dans des châteaux à Bianello, à Baran-zone, à Massa, à Bondello, et ailleurs; elle écoute larude voix de Canosa qui lui dit de fuir les villes popu-leuses , « où les crimes se multiplient avec les par-jures des marchands. »
Les grands fiefs de l’Eglise ne peuvent se développersans se révolter contre le pape.
Pour achever le mouvement de la libre élection, en1078, la Corse invoque Grégoire VII, contre les débrisde la féodalité unitaire qui encombrait la fédérationet Grégoire VII place la fédération sous l’autorité décen-nale des marquis de l’Eglise. Mais à peine établi, le pre-mier marquis, Malaspinade laLunigiana,se trouve im-puissant; son fils est réduit à Oslriconi, Giussani, Cacciaet Roita inférieure ; cinq marquis se succèdent, dans lecourt espace de vingt-huit ans, tous expulsés, tour àtour accusés, ditGrossa, d’être ou jeunes, ou partisans,ou trop humains, ou sans parole. Dans l’impossibilitéde garder l’île, le pape Urbain 11 la livre aux Pisans, etavec eux l’évolution s’accomplit dans le sens impérial.La domination suzeraine diminue, les juges sont re-nouvelés tous les deux ans, pour mieux jouer le rôle deconsuls; on rappelle les anciens seigneurs exilés parles marquis de l’Eglise, et la Corse prospère, ses édi-fices se multiplient, sa liberté est doublée.
La Sardaigne, inféodée d’avance à Pise et traitéeen conquête, prend au rebours toutes les ondulationsde sa métropole. Quand Pise est impériale, elle devientpontificale; et vice versa, quand Pise est pontificale,la Sardaigne devient impériale. Ainsi, en 1082, les