CHAPITRE XIII
LA GUERRE DES INVESTITURES DANS LA FÉDÉRATIONPONTIFICALE ET IMPÉRIALE.
Le pape et l’empereur modifiés par les villes.—Rome déter-mine l’action de Grégoire VII sur l’Allemagne.—Les villeslombardes décident Henri IV à résister,—et lui donnent lavictoire en dépit de sa sottise de Canosa.—Nouvelles victoiresimpériales qui décident les villes à relever le pape,—à Rome,en Lombardie et en Allemagne —Mais il reste sous la direc-tion des villes aussi bien que l’empereur.—Coup d’Etatspirituel de Pascal II, qui est déjoué,—emprisonné,—tandisque les peuples d’Italie forcent l’Eglise et l’empire à leurcéder la libre élection des évêques.
On connaît cette Italie multiforme oubliée qui fer-mente dans les villes avec ses évêques et ses chanoines,acteurs inconnus d’une liberté incendiaire contre lepape et contre l’empereur. Nous l’avons décomposéepièce à pièce, sans que la loi du progrès s’y trouvâtjamais violée ou méconnue. Recomposons la fédérationpontificale et impériale, rendons aux grands personna-ges de l’histoire classique le rôle en apparence indé-pendant que nous avons supprimé. Nous verrons laguerre des investitures, depuis sa première origine jus-qu’à sa solution dernière, sous la direction des villesqui triomphent de la double réaction, en combattantl’un par l’autre le pape et l’empereur.
Les premières hostilités partent de Rome, qui élèveGrégoire Vil en haine des comtes et du vieil empire