DANS LA FÉDÉRATION PONTIFICALE ET IMPERIALE. 445
un rapprochement avec l’empereur. Mais c’était à l’Ifa-lie de fixer l’heure de la paix, et l’heure de l’évolutionallait au contraire sonner dans toutes les villes ita-liennes.
Nous avons vu comment le revirement des villesétait inévitable après les victoires que l’on venait deremporter; comment, sans se préoccuper de la per-sonne du pape et de l’empereur, les citoyens se tour-naient contre le triomphateur; comment ils sauve-gardaient leur liberté contre les investitures réclaméespar le plus heureux des combattants, fût-ce le pape oul’empereur. En 1093, quand l’empereur est le maître,quand l’anti-pape règne sur Rome, et que le schismeest inauguré dans presque tous les évêchés, soudaine-ment les villes lombardes changent le sort de la guerre.Milan, Crémone et Plaisance revirent pour relever lepontife qu’elles viennentd abattre,et cette nouvelle im-pulsion se propage, rapide comme la foudre, invisiblecomme la pensée : les acteurs de la réaction calholiquene la soupçonnent même pas. Donizonnous les montre,à la diète de Rocca-Carpineta, vaincus , incapables dese reconnaître, les uns altérés, les autres prêts à céder,tous humiliés, comme jadis Henry IV dans la cour deCanosa. L’abbé du monastère de Canosa, présent à ladiète, se lève, il plaide la cause d’Hildebrand, il parlede la tyrannie impériale. La comtesse, émue, déclarequ’elle mourra plutôt que de signer la paix avec l’en-nemi de l’Eglise. Ce n’est là encore qu’une décisiondésespérée : la guerre se renouvelle, et cette fois laguerre marche toute seule pour renverser la puissanceexcédante de l’em pire. Les troupes impériales perden l undrapeau devant Canosa ; voilà un premier revers, sousla Forteresse ennemie des rois. Milan, Plaisance, Cré-