CHAPITRE XIV.
LA LIBERTÉ DES ÉVÊQUES DANS LE PACTE DE CHARLEMAGNE.
Influence de l’Halie sur l’Europe.—L’Eglise séparée de l’em-pire et devenue toute théologique.—L’empire séparé de l’E-glise et devenu libre, légal et fédéral.—Nouvelle géographieitalienne qui confirme cette séparation.—Grandeur sociale del’histoire.—Petitesse des grands hommes.—Déceptions de lapolitique.
La paix des investitures laissait indécis tous lespoints contestés sur la suprématie du pape ou de l’em-pereur, et sur le principe premier de la dominationtemporelle de l’Église, que les uns disaient fondée surJésus-Christ, roi des rois, les autres sur la donationde Charlemagne et de Pépin, confirmée par tous les em-pereurs. Cette indécision transporte toute la révolutiondes évêques dans le pacte de Charlemagne.
A proprement parler, il n’y a plus de pacte con-firmé ou réitéré à l’époque du couronnement; l’empe-reur se borne à promettre qu’il ne nuira pas au pape,qu’il ne l’emprisonnera pas, qu’il le protégera. A l’an-cien contrat succède une simple alliance que les deuxchefs interprètent d’une manière opposée ; le pape, parla théologie et l’Évangile, l’empereur, par la juris-prudence et par les traditions de la donation impériale.Les deux pouvoirs se séparent ainsi plus que jamais.L’Église n’est plus, comme aux temps de Charlema-gne, une masse confuse de prêtres et de peuples grou-pés autour de l’idole de Saint-Pierre de Rome. Elle