456 LA LIHEUïÉ DES ÉvÊQCES
n’est pas non plus cet ensemble de prêtres et d’évêquesqu’Othon I er opposait aux laïques, sauf à réunirles conciles, à confirmer les papes, à les détrôner,et à nommer lui-même les évêques, qu’il trans-formait en commissaires impériaux contre la féodalitésuspecte. La nouvelle Église, entièrement en dehorsde l’empire, choisit elle-même ses pontifes, les élève,les juge, les dépose, les considère tous comme les suc-cesseurs de saint Pierre et de Jésus-Christ, et quel quesoit leur pouvoir reconnu en dehors du sanctuaire,quelle que soit la justice ou l’injustice des profanes,elle les croit supérieurs aux ducs, aux rois, aux empe-reurs, aux lois séculières, aux contrats ou aux sermentsdes fidèles, et en interprétant d’après ses théologiens ladéposition de Chilpéric, l’élévation de Pépin, le cou-ronnement de Charlemagne, le choix de Charles leChauve et la restauration d’Olhon I er , elle y trouve lafaculté d’élire, de juger et de déposer les empereursreconnuè par la chrétienté tout entière. Ses nouvellesprétentions se trouvent en quelque sorte confirméespar ses alliances avec les nouveaux États qui surgis-sent, par l’appui qu’elle reçoit de la France, qui selève en opposition à l’Allemagne, et par le fait, dé-sormais incontesté, que l’empereur d’Allemagne n’estplus qu’une image de l’antique empereur d’Occi-dent, et que ses Etats, malgré leur étendue, ne sontplus qu’une faible minorité dans la république dessouverains de l’Europe. Ainsi l’empereur, qui perd àjamais le droit de confirmer le pontife, perd en mêmetemps le pouvoir de le tenir à sa merci, comme autemps de Charlemagne, où la France était tout, ouau temps d’Othon I er , où la France avaitcessé de comp-ter, a Deo régnante, rege expectante. »