dans le Pacte de Charlemagne.
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en tremblant, et que Rome, si opprimée par l’empire,arriverait en quelques années à dicter ses conditionsà l’empereur, en le choisissant comme le meilleur deses alliés. L’an 1000, les habitants des villes étaientpresque des serfs emprisonnés par les cent péages etimpôts de la féodalité; l’an 1100, ils étaient presquedes souverains, libres de s’allier ou de se mésallieravec le pape ou avec l’empereur. Quant à l’aristocra-tie de l’ancien royaume, quant à la fausse indépen-dance des Béranger, elle était si oubliée que personnene songeait plus à la combattre, et elle restait enseveliesous le poids d’une tradition déjà devenue mythique,en célébrant Charlemagne et Othon I er , comme lesdeux demi-dieux qui avaient foudroyé la tyrannie desrois.
Comment se réalisaient tant de progrès? Est-ce pardegrandes batailles? Par des combats titaniques? Par deshéros plongés dans le Styx et combattant avec la lanced’Achille? Non,le progrès se réalisait,comme dans toulesles époques de l’histoire, par des hommes vulgaires,par des détails misérables, par les imperceptibles usur-pations de la multitude, par une foule de mouvementspetits, persistants, s’ajoutant sans cesse les uns auxautres dans une même direction. Ici on dressait unebarricade, là on poignardait un vieux comte imbécile;ailleurs, on glorifiait des chanoines qui avaient le donde manger, de boire et de chanter toujours ensemble;ailleurs, encore, il s’agissait d’élire un évêque bon-homme, ou d’évincer un évêque entêté ; ici, on faisait larévérence à un pape que l’on menaçait le lendemain;là, on se prosternait devant un empereur que l’oncombattait un jour plus tard. Pas une année de l’his-toire italienne qui ne fourmille de scènes comiques,