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Tome premier.
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•462 LA LIBERTÉ DES EVÉQUES

triviales et sanglantes, résumées d’un mot ou d’unephrase, dans les vieilles chroniques écrites dans le latingrossier et fautif corrigé par l’Uguelli, qui ne se doutede rien. Le mouvement social est toujours grand, lemouvement politique est toujours misérable.

Consultons-nous les hommes qui représentent lemouvement social? Nous trouvons des théologiens,des personnages obscurs à leur époque, et qui sontaujourd’hui encore les contemporains de tous lesprogrès. L’humble chronique de Farfa, en procla-mant le droit de l’abbé, prend un accent qui émeutet qui rencontre un écho partout où il s’agitde défendreune loi menacée. Consultons-nous les hommes dumouvement politique? La scène change, il n’y a pas dehéros, il n’y a presque pas de personnages qui méritentde nous arrêter un instant. Parlez-vous de la guerrecontre les comtes? Elle est complètement anonyme etlivrée à d’invisibles agitateurs. Parlez nous des cheva-liers de Normandie? Ce sont des sournois bien équipés,qui cherchent leur fortune dans l’eau trouble et quicourent comme l’eau à la mer du Midi, sans le savoir.Qui pourrait parler des évêques de l’an 1000? Personnene les connaît. Les chroniques, en disant qu’ils sontadmirables et vénérables, ne nous apprennent rien deplus que les chroniques carlovingiennes, où l’on pro-digue aveuglément le titre de saints aux archevêquesde Trêves, de Milan, de Cologne ou de Cantorbéry. Ad-mirerons-nous Héribert de Milan ? Yoyez-le à Crémone,où il règne en Vandale ou à Milan quand il trompe l’em-pereur ; grand capitaine d’une phase très-courte, il sesurvità lui-même au momentleplus décisif pour Milan,qui le trouve attardé et allié des nobles, jadis sesennemis les plus acharnés. Voulez-vous diviniser Gré-