-464
LA LIBERTÉ II F. S ÉVÊQUES
domine ses deux maris et trompe le second qui laquitte dépité; mais où sont les preuves de sa duplicité?On est réduit à des conjectures. Elle donne à l’Egliseses biens qu’elle ne peut pas garder, mais comment ledémontrer? Elle est fidèle à l’Eglise, parce que le mar-quisat ne saurait subsister sans l’Eglise, et que l’al-liance dé& papes est la seule égide des marquis contreles villes qui se révoltent; mais comment l’accuser dene chercher que ses intérêts? Qui a sondé son cœur? Sion congédiait les ambitieux de la politique, qui reste-rait sur la scène de l’histoire à la tête des gouverne-ments? Evidemment c’est la comtesse qui dirige Gré-goire VII dans ses intrigues et Pascal II dans ses volte-faces; nés tous deux sur ses terres, protégés par sadomination, elle les inspire, les modère, les excite ;mais comment le prouver?Elle a joué le rôle du Saint-Esprit dans les révolutions et celui de Satan dans lesréactions, et il faut la déclarer sainte, immaculée, par-faite, d’autant plus qu’on ne saurait adopter les grossiè-retés du parti impérial, où l’accusation faire place àl’invective.
Partout la politique est une déception, ses succèssont des jeux, ses préceptes sont à double face; sasagesse est une contradiction continuelle. Tous les gou-vernements sont bons, tous sont mauvais; toutes lesalliances peuvent profiter, toutes peuvent se retournercontre celui qui les cherche; la liberté peut s’avanceravec le pape contre l’empereur, avec l’empereur con-tre le pape, et même avec des invasions étrangères,frankes, allemandes ou normandes. Ici c’est la pru-dence, là c’est la témérité qui triomphe; la colère peutnous sauver, la colère peut nous perdre; la clémencepeut devenir plus funeste que la cruauté, tandis que