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Tome premier.
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468 LA LIBERTÉ DES ÉVÊQUF.S

ques, en violant les principes de la fédération germa-nique; elle encombre l'Allemagne par un État uni-taire de tendance, théologique et despotique commel’Eglise, qui l’appuie, et l’Allemagne qui accomplitson évolution à l’imitation des villes italiennes, re-tourne des unitaires aux fédéraux, des théologiens auxjurisconsultes, des Velfes aux Gebelins, en nommant,à la mort de Lolhaire III, l’anti-césar Conrad III, quidevient ainsi l’empereur légitime. En 1150 arrive Fré-déric Barberousse, le héros de la révolution épisco-pale au point de vue de l’Allemagne. Issu des Gebelinspar son père et des Velfes par sa mère, il accepe lagrande démocratie de l’Eglise unitaire pour l’interver-tir en héros de la loi au profit des libertés politiqueset religieuses qui se développent sur tous les pointsde l’empire. Nouveau Charlemagne, il se passionnepour la justice, qu’il fait jaillir de l’antique traditionféodale, au choc du droit romain, ce droit souveraindes communes qu’il évoque de nouveau. Les faiblessont protégés contre les forts, les petits contre lesgrands; pas un évêché, pas une abbaye où le peuplene soit sûr d’avoir dans le nouveau césar de la fédéra-tion un ami envers et contre tous les tyrans, clercs oulaïques. Les évêques prennent le pas sur les hauts ducs,le sol animé se fractionne, l’indomptable Bavièrecède enfin à l’épée de l’empereur; son unité, eii s’é-croulant dans le fracas d’une guerre bienfaisante, laisseà découvert une foule d’Etats, de villes, d’évêchés, oùla démocratie velfe sort de sa longue minorité pourparticiper d’une manière digne et indépendante auvote de la diète souveraine. Les rois de l’Europe éton-née voient reparaître l’antique empereur que l’oncroyait perdu sous les foudres de l’Eglise, et cette fois,