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Tome premier.
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DANS TOUTE l’eUROPE.

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en se disant le premier des rois, il est le plus libre deshommes, et l’ennemi le plus acharné de tous les chefsissus de l’empire conquérant des époques ultérieures.Le pape, irrité, entend sa voix qui lui rappelle lestemps où il était simple vassal dans l’exarchat, patricienà Rome et inconnu dans toutes les terres de la dona-tion. Juste, humain , vaillant, ambitieux d’épargnerses ennemis, Frédéric semble le taumathurge d’uneloi éternelle, comme l’Église : car ses exhumations dupassé ne font qu’ajouter l’autorité d’un droit impéris-sable à l’empire régénéré. Jamais il ne recule. Si lesévêques sont immédiatisés, c’est pour multiplier lesprinces indépendants; s’il respecte la religion, c’estpour la dominer de plus haut; s’il humilie le pape, c’estpour combattre son despotisme; s’il accable l’opposi-tion allemande, c’est pour que tout Etat devienne indé-pendant, comme le moi de la philosophie : aucune théo-logie , aucune inquisition, aucune considération mo-rale qui puisse entamer la lettre de la loi. Une seuleinterprétation admise entraînerait avec elle l’invasionréciproque, l’anarchie générale de tous les Etats inter-venant les uns chez les autres. Le règne de la loi créele calme, l’impassible tolérance del’Allemagne, la con-fiance illimitée dans les ligues, le profond respect pourl’élection, pour les tribunaux de la fédération, et mêmepour le droit de la guerre dans la certitude que, loinde nuire à la liberté, il doit la propager.

Le mouvement de la libre élection se répète danstous les Etats de l’empire de deux manières opposées,suivant qu’ils sont libres avec le parti impérial ou or-thodoxes avec le parti de l’opposition. Dans les Etatslibres, le peuple arrête l’influence impériale par unmouvement velfe à plusieurs ondulations, et une fois