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LES RÉBELLIONS AVORTEES.
bouleversement plus général, ou par une retraite plussûre, la question locale n’était plus de résister au papeet à l’empereur, dont la réaction se réduisait à des pen-sées presque occultes, et certes inoffensives ; il s’agis-sait de surpasser en richesse la banque de Milan, etici le peuple de Crémone avait fait l’impossible : safureur avait relevé sa dynastie, sa perversité avait en-fanté un chef épouvantable; on ne pouvait demanderplus, et la ville se rendormait sans remords.
Semblable aux Cavalcabo de Crémone, Antoine Fisi-raga de Lodi, issu de l’ancien seigneur guelfe, mortdepuis un siècle dans les prisons de Milan, s’insur-geait, en 1402, contre les Vistarini, qui régnaientcomme des sous-tyrans ou plutôt comme des employésgibelins, et on voyait bientôt toute cette famille garrot-tée , mise sur un bûcher et brûlée sur la place publi-que. Mais quelques mois plus tard, Antoine, atteint par-le poison, cédait sa place à Giovanni Vignate. A un sei-gneur de réminiscence succédait ainsi un seigneur d’ar-gent qui possédait 9,480 perches de terre, et si riche ennuméraire qu’en 1411 il prêtait gracieusement 2,000ducats d’or à frère Rustino Recagnini, chevalier man-touan. Pour comble de bonheur, son frère, soldat deprofession, défendait la seigneurie en famille, seigneu-rie de Cocagne, au milieu de la misère universelle, etla fortune , qui s’était plu à cumuler tant de millionsdans les coffres d’un seul mortel, ne cessait de protégercette insurrection pécuniaire où l'orcachaitla petitessede la ville et ses souvenirs longobards. Tous les chefsde Lombardie , tous les insurgés, tous les anciens sei-gneurs s’inclinaient devant l’heureux Giovanni, dontla précieuse amitié pouvait se dire un véritable bien-fait des dieux, pour ceux qui avaient des créanciers. Le