LA CRISE MILITAIRE DANS LES CAMl’S.
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permettait de compter sur la guerre, comme le mar-chand compte sur la foire de l’année. Beau-fils de Fran-çois Sforza, qu’il voyait établi à Milan, il se hâtait dequitter cette atmosphère lombarde, désormais tropcalme, et il se rendait à Naples, pour continuer dans leMidi la vie du vieux temps, entre les guelfes et lesgibelins, les Angevins et les Aragonais, les provinceset la cour. L’infortuné trouva un accueil splendide ; leroi Ferdinand le reçut avec les plus éclatantes démon-strations de joie, et, le troisième jour des fêtes, il leconduisit dans une salle du château neuf, sous prétextede lui montrer le trésor, et le fit assassiner, l’accusantde trahison, tandis que les multitudes, persuadées àleur tour de la nécessité de ce sacrifice, réclamé par lapolitique de tous les seigneurs, ajoutaient que FrançoisSforza avait envoyé à Naples son beau-fils pour queFerdinand le tuât.
La tragédie de Piccinino marqua la dernière fin desaventures guerrières qui avaient ébranlé les lois sou-veraines des Etals; les mille capitaines qui vinrentaprès furent ou des grands seigneurs, comme lesTrivulce et les Colonna, au service des hautes cours del'Europe, ou de simples soldats, qui agiotaient sur lesdangers de la guerre, ne gardant de l’invasion desmercenaires que je ne sais quel esprit d’aventures, su-périeur à toutes les patries et cosmopolite commel’antique loi du pape et de l’empereur. Ce singuliermélange de calcul et de témérité qui avait rendu in-eruentes les batailles ordinaires et foudroyants les coupsd’Etat ; ce mépris souverain de tout principe établi etde toute tradition politique religieuse ou sociale; cetaudace de bandit, qui se faisait une fête du sac, et quiprolongeait la guerre et nourissait l’ennemi, pour pro-