LÀ CRISE MILITAIRE R ANS TOUTE l'eUROPE. 139
tous les centres limitrophes la certitude que la sinistrehistoire des quatre ducs qui prospéraient dans la dé-tresse universelle ne pourra plus se répéter.
Les ciompi dë l'Angleterre se montrent en 1381 ,troisième année du grand schisme, et au rebours de laFrance leur insurrection est toute royaliste, monarchi-que et despotique, en haine des pouvoirs constitués duparlement. Leur véritable chef; Wicleff‘,esi le chapelaindu roi ; circonspect et morgvié, il ne s'adresse ni aupeuple, ni à la plèbe, ni aux parlements, ni aux tumul-tes; së bornant à démontrer ses thèses théologiques, ilreste dans les limites d’une réforme intellectuellecomme s’il était le prétendant spirituel de l'Angle-terre. Sans liaison apparente avec Wiclefî, les multi-tudes insurgées s'avancent à leur tour, ennemies detoutes les libertés, avec la pensée de trouver aide et pro-tection chez le roi. Ne combattent-elles pas les lords duparlement, le primat de Cantorbéry, la loi ecclésias-tique qui protège les richesses du clergé? La révoltede Iak Straw, de van le Tuileur et de John Bull,n'étend-elle pas les attaques aux lords temporels ?Voici son chant de ralliement : « Quand Adam bêchait,quand Eve filait, où était alors le gentilhomme?» Onse rue sur la vieille société, on dévaste les manoirs,les maisons, on brûle les registres des tribunaux, onsoulève le bas peuple de Londres, on rase les palais desLaricastre,et,forte de 60,000 hommes,l’armée plébéienneaboutit enfin au roi Richard II pour lui demander l’abo-lition de l’esclavage, la diminution de l’impôt féodalet la franchise des achats et des ventes aux foireset marchés. L'insurrection s’étend et s’organise, ré-gentant les tribunaux, les jurés, les familles même,dont elle enlève les jeunes tillès pour les forcer