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Tome quatrième.
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•102 LA RESTAURATION PONTIFICALE ET IMPERIALE ( 1494 - 1512 ).

son fils César Borgia en otage ; le général même duroi de Naples, Virgile Orsini, met son propre fils à lasolde de Charles, qui entre à Rome la lance en arrêt, età Naples, dit-on, avec des éperons de bois. Alphonsed’Aragon avait abdiqué, désespérant de contenir lesguelfes; Ferdinand II délia lui-même ses sujets du ser-ment de fidélité ; le peuple saccagea ses écuries en saprésence, et le roi montra sur une galère, déclarant qu’ilne pouvait détendre une ville abandonnée de Dieu. Rienn’égalait la frénésie d’enthousiasme avec laquelle lesguelfes angevins s’insurgeaient, et les Aragonais, quiavaient régné le couteau à la main, la trahison dansle regard, le bourreau au côté, ne trouvaient personnequi osât les défendre. Dans l’ivresse de cette vic-toire inoffensive, l’armée française ne considérait plusles Deux-Siciles que comme un pied-à-terre : car elleparlait de subjuguer les Turcs, en rétablissant l’empired’Orient au profit de la France.

Ce n’est pas que l’Italie fût condamnée à disparaître,ou que la fortune du conquérant impliquât l’infortunesuprême d’une conquête. A défaut de fierté politique,cette domination semi-longobarde des Français suffi-sait à réveiller l’énergie sociale de la terre, et loin decéder il restait à la nation plus d’inspiration et devie qu’il n’en fallait pour imiter, copier ou paralyseravec ses formes indigènes tous les progrès qui lui arri-vaient d’au delà des Alpes, soit pour la secourir, soitpour l’accabler. Mais à partir de ce moment, cette anti-que Italie, qui avait toujours lutté pour donner ses loisau monde, se vit forcée de se replier sur elle-même etde redoubler ses efforts, dans le but humiliant de sedéfendre pour rester ce qu’elle était, pour garder saliberté, son indépendance, son autonomie et ne pas