LA RESTAI]RATION PONTIFICALE ET IMPERIALE ( 1494 - 1512 . 165
ennemi de l’Italie. Le droit lui assurait à Naples la suc-cession de Charles d’Anjou; à Milan, celle de ValentineVisconli ; le pape, loin de lui être hostile, lui souriaitet consentait à la descente, à des conditions très-hum-bles; le parti guelfe lui donnait le capilaine général deses troupes, J.-J. Trivulce, chef des guelfes de Milan ;l’expérience de son prédécesseur lui signalait toutesles fautes à éviter, et le génie de la guerre lui traçait leplan stratégique infaillible, qui consistait à frapper Mi-lan et à s’emparer du duché pour tenir toute l’Italie parla haute Italie devenue le siège de cette unité guelfe rê-vée par Louis le More.Tout était prévu,toutcalculé; aussitout réussit au delà de l’attente. Milan, prise et reprise,tomba au pouvoir des Français ; Louis le More, d’abordsoutenu et ensuite trahi parles mercenaires de la Suisse,disparut de la scène politique pour mourir prisonnierdans une tour de Loches; la Toscane, pavoisée auxcouleurs guelfes, applaudit à la conquêle, le pape lasanctifia; Naples céda à moitié, et toute l’Italie seraitdevenue une province de la France, si sa tradition fédé-rale ne l’avait préservée de ce danger, à la conditionde laisser les Deux-Siciles à l’Espagne. C’est ainsi qu’elleopposa puissance à puissance, conquête à conquête; etsi elle permit à Louis XII d’abattre le faux Longobardde Milan, elle l’obligea de rester lui-même dans l’atti-tude d’un fédéré, en dépit de sa prépondérance.
Forcé de se concentrer dans le Nord, et de tolérer sagrande rivale dans le Midi, il s’en dédommagea en re-tournant contre l’Italie les idées de fédération, grâce àla célèbre ligue de Cambrai, où il s'unit au pape, àl’empereur et à l’Espagne, dans le but de se partager lesÉtats de la république de Venise, la plus grande puis-sance qui survécût après la chute des deux puissants