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LA RESTAURATION PONTIFICALE ET IMPERIALE ( 1494 - 1512 ). 169
nées,prenaitquelques villes à la république son alliéeplus fidèle, indignement outragée et spoliée, Jules IIs’emparait de l’antique exarchat et Maximilien I er seréservaitles quatre villes de Vérone, Viecnce, Padoue etTrévise, celte marche qui avait assuré l’Italie à Othon I er .Pour la France, le partage de Cambrai n’était qu’unevulgaire trahison; pour le pape, il devenait la pierred’attente d’une restauration pontificale et impérialeque l’Espagne, quatrième partie copartageante et maî-tresse des Deux-Siciles, appuyait naturellement commepuissance gibeline et hostile à Louis XII. Ainsi, ce der-nier avait convié à Cambrai le chef de la plus grandereligion du inonde, Jules II, le pouvoir le plus juri-dique de l’Europe, l’empereur, et le représentant de laplus grande des monarchies, le roi d’Espagne, pourdevenir à son insu l’agent de la restauration qui luidisputait l’Italie; et, à Vailà, il combattait si bien dansleur intérêt que pour la première fois Venise éperdues’offrait à l’empereur d’Occident, et que , repous-sée par Maximilien I er , elle se mettait sans réserveau service du pontife, en revenant brusquementsur sa lutte de huit siècles contre le pacte de l’Oc-cident.
Le pape et Venise, voilà le noyau de la ligue ou de lafédération italienne, à la fois reculée d’une époque etcomplétée. Grâce à la sagesse des conclaves et à l’inqui-sition des Trois, le premier et le dernier en date detous les Etats italiens pouvaient tenir tête à la France,à ciel ouvert, sans détour; et, puisqu’ils le pouvaient,ils éclataient comme le tonnerre si redouté des anciensau milieu d’une atmosphère sereine. Soudain Jules II,tourné contre la France, réclame Parme, Plaisance etFerrare ; il excommunie le pieux Louis XII; il proclame