Band 
Tome quatrième.
Seite
168
JPEG-Download
 

168 LA RESTAURATION PONTIFICALE ET IMPERIALE ( I 494- 1 51 2).

l'antique donation. Scélérat de naissance, persuadé parsa religion que tout lui était permis [tour reprendreles biens de saint Pierre, vrai pontife de l’ère de l’avi-dité universelle et des conceptions vénales, assuré parle nouveau Charlemagne d’obtenir cette impunité quiavait autrefois protégé Léon III contre les Romains, il sedressa comme le boa, enlaça une à une toutes les gran-des familles dans l’étreinte de ses formidables trahisons,elles Appiani de Piombino, lesVarrano de Camerino,les Vitelli de Città Castelio, les Orsini, lessColonna, Oli-verotlo de Ferrrio, une foule de seigneurs disparurenten trois ans emportés par la corde, le poison ou le poi-gnard, et son fils et ministre César Borgia porta l’an-tique politique des coups d’État à un tel point d’hor-reur et de perfection, qu’il en devint le type et qu’illaissa dans le monde la persuasion qu’on ne pourraitle surpasser.

A force d’empoisonner ses convives, Alexandre VIs’empoisonna lui-même et son fils tomba malade ; maiscette maladresse des deux illustres criminels profitaencore à la papauté, qui les remplaçait par Jules II, leurplus violent ennemi et cependant leur continuateuracharné, de sorte que tout à coup le travail sanglant dela restauration arraché au népotisme d’une famille setrouva confisqué, sanctifié, rendu à Dieu et confié à unnouveau fanatique qui, frappant tout le monde en sensinverse des Borgia, doubla encore les forces de l’Église.En effet, qui guidait le conquérant français? Jules If.Qui lui conseillait la ligue de Cambrai? Jules II. Quellepensée dominait l’ambition vulgaire des alliés? Celle deJules II, qui appela l’empereur dans le congrès, lui fai-sant sa part, lui ménageant l’appui de l’Espagne; et, tan-dis que LouisXII, se croyant l’arbitre de toutes les dcsti-