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Tome quatrième.
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LA RESTAURATION PONTIFICALE ET IMPERIALE (14:9415î2). 171

rouanne par les Anglais. Louis XII se voyait au ban del’Europe, grâce à ces incompréhensibles enchantementssi familiers aux chefs de l’Eglise dès l’époque où ils fou-droyaient les Gotlis et les Longobards.

Poursuivant sa victoire, le pape remplaça la liguevague et indéterminée qu’il avait contractée avec l’Es-pagne, l’empereur et Venise, par l’ancienne ligue pon-tificale et impériale établie sans ménager personne,pas plus Venise que l’Espagne : mssi promit-il son con-cours à l’empereur pour lui faciliter la conquête de l’an-tique marche de Vérone ; il menaça Venise, qui ne pou-vait livrer cette proie sans reculer jusqu’au point dedépart de son histoire; il déterra force documents pourrappeler des droits oubliés depuis quatre siècles; lesMédicis ne rentrèrent à Florence qu’en gibelins; lesSforza ne se rétablirent à Milan qu’en véritables feuda-toires de l’empire ; l’Espagne elle-même se contenta derégner sur les Deux-Siciles, sans contester à Maximi-lien le protectorat de la Toscane : c’est ainsi quedans le court espace de dix-huit ans l’ancien droit setrouva miraculeusement rétabli. En 1494, Alexandre VIn’avait su à qui se fier, n’avait pu ni attaquer ni défen-dre les Français. En 1512, Jules II était l’un des prin-ces les plus puissants de l’Italie, comme chef politique,et de l’Europe, comme chef spirituel. Non pas qu’il eûtchassé les étrangers, d’après l’expression dont il se ser-vait et qui fut prise à la lettre par des historiens mo-dernes. S’il expulsa les Français, il confirma les Espa-gnols; deux fois il projeta la ruine de Venise : il allajusqu’à donner aux Suisses la prépondérance d’un Etatde premier ordre sur le duché de Milan, et il fit un ap-pel si positif à la tradition germanique que l’empereurn’avait plus qu’à tendre la main pour reprendre le