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Tome quatrième.
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172 LA RESTAURATION PONTIFICALE ET IMPERIALE (1494-1512).

pouvoir d’OIlion I er . Il ne fut pas non plus le héros del’indépendance, telle que l’avait conçue la ligue de1484 qu’il sacrifia sans cesse à Cambrai, à Rome et àVenise, et jamais les seigneurs n’avaient vu un pontifeplus versatile, plus étrange, plus prompt à les immo-ler. On doit également lui refuser cet héroïsme patrio-tique dont il se vantait souvent, trompé lui-même parla fantasmagorie des apparences, par le langage de sonsiècle, par les idées des Médicis, des Sforza, des Floren-tins, des Milanais, des Vénitiens, et par l’ivresse mêmed’un combat où il s’agitait, en capitaine de brigade, ausiège de Mirandola, au milieu de la neige. Mais il eutle mérite de manier, mieux que personne avant lui,celte algèbre mystérieuse des principes, qui écrasel’arithmétique des politiques, et procède avec l’électri-cité des croyances répandues sur de vastes régions,tandis que les chefs profanes, emprisonnés dans lesinstincts des patries et des partis, se trompent au loin,n’agissent que par la force des chocs mécaniques et neproduisent, au delà de leurs confins, que des effets aurebours de leurs prévisions. Que le jour de la décadancefût venu, c’était naturel à la fin, et on pouvait s’y rési-gner; que l’Italie, toujours politiquement sacrifiée dèsles temps de Charlemagne, perdît ses provinces méri-dionales, c’était l’arrêt du destin ; que l’indépendancedes seigneurs fédérés s’évanouît devant le pape et l’em-pereur, comme une république opposante et vaincue,on le conçoit encore, car tous les labeurs de la crisemilitaire devaient être ramenés aux deux chefs tradi-tionnels. Mais puisque la fortune allait protéger l’expan-sion de l’Allemagne, de l’Espagne et de la France, quepouvait-on demander de plus pour l’Italie, qu’un papeami de son passé, fier en présence de tous les rois, et si