CHAPITRE II
LA DÉCADENCE DANS LES VILLES.
L’invasion française ranime partout les guelfes et succombebientôt à une victoire gibeline.—Après la catastrophe de Louisle More, on voit en Lombardie la restauration des Sforza. —Après l’exécution du doge plébéien Paolo de Nove, Gênes ré-tablit son indépendance.—Après le carnaval religieux de Sa-vonaroîa, Florence se rachète de son ridicule en rappelantles Médicis. — Vicissitudes analogues de Mirandola, Fermo,Camerino. —Les Marescotti détrônent la dynastie guelfe deBologne.—■ Les Baglioni, guelfes de Pérouse, acceptent pru-demment la domination gibeline de Jules II .—Chute des Ma-latesti de Kimini,—des Manfredi de Faenza,—- des Riario deForli,^des Vitelli de Città-Castello.—Scènes diverses dans lesvilles qui avaient déjà perdu leur indépendance dans Pèreantérieure. — Contradiction perpétuelle entre la dominationunitaire des Français et la nature fédérale des Etats italiens.
Le recul général se répète dans chaque Etat, et cesvilles qui avaient fait et refait huit fois le pape et l’em-pereur reçoivent pour la première fois l’impulsiond’en haut et se laissent transformer à leur tour. Lacorrection classique des seigneurs se corrompt, la splen-deur quasi-antique des cours se ternit, l’impartialité sipéniblement conquise s’efface soudain , et la nécessitéde manœuvrer au milieu des invasions ranime encoreune fois ces guelfes et ces gibelins qu’on croyait per-dus à jamais. Comment, en effet, avancer ou reculer