DERNIERS MOUVEMENTS DANS LES VILLES. ' 2*21
de Pérouse ; et cette haute liberté catholique, unitaire,illimitée, qui place le chef de l'Église au-dessus dela judaïque légalité du serment, sert ainsi à étendreson pouvoir dans des villes où tout ennemi du saint-siège se trouve, ipso jure, déclaré ennemi de Dieu.—Fermo tombe la même année que Pérouse, avecLodovico Enfreducci, et son antique liberté ne lui donneplus que des factions, des expulsions, des irrup-tions, des sacs et des chefs inutiles, que le chroniqueurindique sans citer aucun exploit ni aucun nom en par-ticulier, car 1 il sait que sa tâche d’historien est finie.
Fano combat encore pour mériter la réputation d’êtrela ville des orages, et le pape, qui le sait, la donneen gage, comme une propriété avilie, à ConstantinComnène de Manfredoine, pour la somme de cinq milleécus d’or, dont il a grand besoin pour solder sespeintres et ses architectes. Mais en -1517, année destroubles français, les Rullioni attaquent les Gabrielli,gibelins, et on ne voit qu’esclaudres, meurtres et ven-geances. Le duc d’Urbin et Rovère commandent l’unaprès l’autre, cônnne chefs militaires indispensablespour intimider la population sans interrompre le règnede Constantin, et l’an du sac de Rome les citoyens s’in-surgent comme Rimini et Ravenne; et bien que Veniseles repousse et qu’ils soient seuls, sans appui et cernéspar les troupes pontificales, iis persistent dans leur ré-bellion , ne se soumettant que sur la promesse solen-nelle qu’on leur laissera le régime républicain. —Jesi,qui s’intitule encore Respublica Æsina, s’insurge à sontour, l’an du sac de Rome, et si elle cède au cri deses gibelins, « Chiesa,Chiesa, clemente, clemente!» unenouvelle conspiration atteste encore, en 1531,son mécon-tentement pour le progrès de la seigneurie pontificale.