318 . les révolutions dans les chroniques.
en pointe, les yeux égarés que l’école byzantine avaitlaissés à ce dernier s’effacent des. tableaux de son suc-cesseur au coloris harmonieux, aux tètes parlantes, auxdraperies classiques; des maisons rouges, bleues, jaunesou éclatantes de blancheur rattachent ses personnages àla réalité de la vie terrestre et civique, et on le dit ledisciple de la nature, qui paraît en effet pour revendi-quer ses droits au milieu des saints et des anges. Desallégories intelligentes, des ligures saisissantes, deshommes qui boivent et vraiment altérés, des madonesétonnées et alarmées en voyant l’ange Gabriel, de grospaysans florentins qui vont annoncer à Job que sonbétail a péri, Farinata des Uberti, qui se montre aumilieu des ligures du Campo Sanlo de Pise, une foulede caprices d’une naïve évidence et indifférents aubaptême, attestent que Giotto vient en aide aux sei-gneurs pour trahir le moyen âge. Buffahnacco, au ter-rible Caïn, Bruno, aux légendes qui sortentde la bouchedes figures, Calandrino, à l’exemplaire naïveté, vien-nent des ateliers de Giotto, et tandis qu’ils multiplientles fresques, ils font irruption dans les Contes de Boccace,où leur bonne humeur communicative arrive jusqu’ànous sans jamais sortir de la perfection de l’art. Orca-gna, qui voudrait copier la Divine Comédie, la parodiedans son Jugement dernier, où les élus sont ses amis,les réprouvés ses ennemis, des notaires, des huissiersqui l’ont poursuivi, des moines qu’il déteste, et l’und’eux, hypocrite ermite, qui soi t de son tombeau pourse glisser en tapinois dans les rangs des bienheureux,saisi par un ange, se voit obligé à garder ses grandesentrées aux portes de l’enfer. Des chevaliers de touteses nations paraissent à la Crucifixion de Cavallini; desêtres immondes dans le tableau du duc d’Athènes de