Band 
Tome quatrième.
Seite
333
JPEG-Download
 

L’iTALlE PENDANT LA RÉVOLUTION PROTESTANTE, 333

et bientôt renversée du trône de Sainte-Marguerite etde Saint-David I er . C’est en vain qu’elle reste fidèle àl’ancienne alliance de la France; que les grâces, lesmuses, la dévotion s’obstinent à la défendre. Il fautqu’elle perde d’abord sa liberté et ensuite sa tête, quoi-que les Ecossais périssent du même coup le jour mêmedu grand sacrifice qui les condamne à la cacophonied’un gouvernement quasi-républicain d’accord avec lesAnglais, à l’impossibilté de relever la grande égide dela monarchie absolue, et enfin à la nécessité de rece-voir comme un bienfait la perfide donation d’Élisabethqui les anéantit en appelant au trône de Londres le filsmême de sa victime.

C’est une autre scène, dans les régions Scandinaves,où les trois États de Danemark, de Suède et de Norvègese trouvaient englobés, grâce à une conquête qui avaitdonné le pouvoir souverain au roi unitaire de Copen-hague et la servitude la plus humiliante aux deuxroyaumes traditionnellement libres de Suède et de Nor-vège. Stockolm voyait périr en un seul jour ses séna-teurs, ses nobles, ses évêques livrés aux bourreaux,tandis que leurs domestiques étaient pendus au gibettout bottés et éperonnés, sans savoir pourquoi, et qu’onexécutait par milliers les moines que l’abnégation dé-mocratique rendait chers aux peuples. Mais GustaveVasa s’évade de sa prison, transmet la secousse électriquede la liberté, et l’admirable race des paysans repousse enmême temps lejoug spirituel de Rome et le joug tempo-rel de Copenhague. C’est ainsi que s’accomplit la phaseopposante du protestantisme Scandinave, et dans cettenégation patriotique Gustave ne répand pas une goutte desang; les historiens font observer qu’il cherche plutôtà persuader qu’à réprimer; en d’autres termes, il ne