348 l’italie pendant la révolution protestante.Toscane prenait son rang définitif entre le royaume duMidi et le duché de Milan; mais cette révolution, sidouce en apparence et si naturelle, dans son résultat,coûtait proportion gardée autant de sang que cellesd’Ivan IV en Russie, et de Henri VIII en Angleterre,car elle exigeait à Florence l’extermination des guelfes,à Sienne la mort de la ville, à Pistoie l’épreuve d'unmassacre, et partout le règne de Côme, qui signait quatrecents arrêts de mort et vivait entouré d’empoisonneurs,de libertins, d’intrigants et d’espions. Quand on arriveà Bianca Capello, dont les yeux magiques semaient l’a-mour et la mort sur son passage, on respire par celaseul que le nombre des condamnations capitales tombede quatre cents à quarante.
La vieille Lucques se rassure avec ses gibelins, quiétouffent en 1532, une sédition des ouvriers de la soie;en 1542, celle d’un tyran, et en 1548, celle de Burla-macchi, qui voulait relever ia Toscane royale contrecelle des Médicis, en conspirant avec Arezzo, Pérouse etBologne, au nom des idées protestantes. Sa concentra-tion s’achève enfin en 1556 par la loi Martiniana, quiexclut à perpétuilé du gouvernement les étrangers etles habitants de la campagne.
Malgré ses couleurs poétiques et son amour des tem-pêtes, Gênes ne s’avance pas moins avec son aristocratiegibeline sous la direction d’André Doria. En 1534, elleréprime une conspiration guelfe et française; treizeans plus tard, elle écrase l’audace factieuse de Fieschiqui se noie, au moment où il semble près de trahir sapatrie. En 1550, une troisième conspiration guelfe desCibo échoue également, et la république, riche et splen-dide, grâce à l’alliance et aux porls de l’Espagne, s’ornede palais, d’édifices, de monuments qui étonnent en-