L’iTALlE PENDANT LES REACTIONS RELIGIEUSES. 381
terre et de la France. La France est menée par desprédicateurs papistes, FAngleterre par les lords du par-lement; ici, la démocratie donne gain de cause au roicontre les grands, Henri IV est chéri des multitudes,Richelieu admiré de tout le monde; là, Félan de la li-berté donne la victoire aux grands contre la cour, lesrois sont exécrés, les Sully poignardés dans la personnede Buckingham, les Richelieu exécutés dans celle deStrafford. D’un côté, la protestantisme périt et la na-tion se fortifie, lorsque le cardinal-ministre s’emparede la Rochelle; de l’autre, le papisme disparait devantl’épée des covenantaires, et le peuple s’ennoblit enproscrivant les évêques. Les Français enfin pleurent dejoie en célébrant la naissance de Louis le Grand, quileur promet le bonheur d’un glorieux despotisme; lesAnglais restent pensifs, et accomplissent leur révolu-tion en écartant la démocratie presbytérienne, et enrestant avec les Indépendants, qui font exécuter le roi.
Enfin est-il besoin de dire que l’Église latine essuieà son tour sa réaction à laquelle elle échappe aussi vic-torieusement que l’Angleterre de Cromwell, l’Alle-magne alliée de la Suède, ou la Russie des Romanoff,ou la France des Bourbons? Pendant les guerres de laréformation, le pape est tellement accablé par les pré-tentions croissantes des princes catholiques que, sou-vent, on le soupçonne de désirer le succès des protes-tants; et les jésuites, que l’Eglise invente pour copierLuther au rebours, chassés de l’Espagne, dénoucés àRome par l’ordre des dominicains, réclamés par lasainte inquisition qui voudrait les brûler, sont sur lepoint de succomber à la religion du moyen âge. MaisAquavive les défend, et, plus forts que jamais, appuyéspar la France, absouts par le pape, ils survivent comme