382 l’italie pendant les réactions religieuses.
Luther à Wallenstein, Knox à Marie Stuart, Cranmer àCharles II, ou sans sortir du camp latin, comme le des-potisme français à la liberté de la Ligue.
La rapide corrélation entre tant de luttes diverses, endépit des distances, explique seule les nouveaux mou-vements italiens. Si nous ne savions pas d’avance queles phénomènes des réactions surmontées de Wallens-tein, ou des Stuarts, ou du faux Dmitri, ou des domini-cains espagnols doivent se reproduire sur le sol italien,nous n’y verrions plus que des événements à la foismystérieux et bizarres dus plutôt à la force du tempsqu’à un motif rationnel, et semblables à ces rochersqui tombent capricieusement du haut des montagnes,sans qu’aucune cause visible ait préparé leur chute.
Mais une réaction est nécessaire à Naples, et Campa-nella l’organise, en 1599, en prêchant la restaurationde la théocratie; bientôt Genoino s’insurge; le vice-roi Ossuna songe à se révolter contre l’Espagne, etplus tard, la misère croissante, les impôts absurdes,l’insolence espagnole, fomentent un mécontentementcroissant qui éclate à la fin, en 1647, avec la révolu-tion de Masaniello, le pêcheur d’Amalfi. Onze jours derègne lui suffisent pour bouleverser le royaume, etquand il succombe à l’arquebuse de quelques trai-tres, il laisse derrière lui une traînée de rébellions quiappelle un Guise sur le trône de Naples et réveille jusqu’àl’ambition du duc de Savoie. Mais ce splendide soulè-vement disparaît, et c’est l’Espagne qui triomphe avecle parti gibelin. Que les noms de Campanella, Genoino,Ossuna et de Masaniello, ne fassent pas illusion; quoi-qu’ils soient chers à l’Italie et que la pensée soit impa-tiente de les revendiquer comme les précurseurs d’une