388 l’italie pendant les réactions religieuses.cratie guelfe du duché? S'ils n’y pensaient pas, ilsauraient dû y penser : car la fatalité leur accordait unjour de réaction, et le duc Ranuce II des Farnésiétait si pénétré du rôle momentané qu’ils étaient appe-lés à jouer, que tout à coup il les fit saisir, juger, tor-turer et décapiter, confisquant leurs châteaux que laville avait inutilement convoités dès l’ère des consuls.Jérôme Sanvitali eut la tête tranchée avec sa mère etson fils; sa femme soumise à la torture, et condamnéepar grâce à une détention perpétuelle, mourut danssa prison; lesTorelli de Monte-Chiarugolo, descendantsdes anciens tyrans gibelins de Ferrare, succombèrenten même temps, et le nouveau tyran de Parme lespoursuivit avec une telle férocité que deux enfants decette famille furent broyés entre deux pierres; untroisième fut châtré, et un quatrième, dérobé auxsicaires par des moines dévoués, donna à la quatrièmegénération le dernier roi de Pologne. C’est ainsi que lacapitale cessa d’être captive des châteaux. Mantoue s’enémut et déclara la guerre à Ranuce, mais ce fut enpure perte ; et le duc, avec ce front singulier que donnel’assurance de marcher avec la multitude, se justifiaen transmettant les pièces du procès au grand-ducde Toscane. Qu’on se figure ce que pouvait penserun Médicis, en lisant une série d’interrogations ab-surdes et de réponses incohérentes dictées par la cordeet le chevalet à la plus ancienne noblesse de l’Ita-lie! Il secoua la tête, il rendit les pièces et se bornaà dire qu’il n’aurait pas voulu être à la place desaccusés.
La réaction attaque Venise en 1601 au moment oùla république limite les donations au clergé. Les capu-cins s’emportent, les jésuites s’indignent , le pape fui-