Band 
Tome quatrième.
Seite
395
JPEG-Download
 

L’iTALIE PENDANT LES RÉACTIONS RELIGIEUSES. 395

de vue de Loyola ou de Lullier, avec des hommes quitournent le dos au siècle de Léon X.

Cependant, si l’art abandonne la région des cours,il se dédommage en pénétrant, d’une couche plusbas, dans celle des multitudes. Aux poêles héroïquessuccèdent les inspirés de la plèbe. Si la langue auliqueet nationale s’alourdit et se falsifie sous le soleil ardentde Madrid, chaque capitale développe son patois inno-cent et naïf, auquel le peuple confie ses plus intimespensées et ses rêves qui répondent aux vierges deReni, aux œuvres architectoniques de Fontana, auxmélodies de Palestrina, et, en général, aux réformescatholiques. Le sicilien Battile arrive jusqu’à nous,avec son idylle, dernier écho de cette voix magiquede Théocrite que l’île éternise en donnant même denos jours Melli à la poésie, et Bellini à la musique.Des saillies d’un amour, où la tendresse et l’épigrammese confondent, composaient, en 1641, l’admirable re-cueil des stances siciliennes échappées à la verve d’unefoule de poètes qui se trouvaient inspirés, en touchantau hasard une lyre inconnue. Naples offre, à la mêmeépoque, Basile, le Boccace des enfants, et Cortese, leTasse de la plèbe. Le premier nous traîne à travers desféeries grotesques, obscènes, bizarres, touchantes, tou-jours impossibles, toujours évidentes comme la réalitéla plus banale; les aventures succèdent aux aventures,les injures aux injures, les sottises aux sottises, lesenchantements aux enchantements, et c’est avec dés-appointement qu’on se trouve à la fin de ces Mille etune Nuits en guenilles, dont la puissance vertigineuseinspirait, un siècle plus tard, les fables dramatiquesde Gozzi. Cortese chante le forum de Naples : je veuxdire le marché, ses coups de couteau, ses émeutes, ses