394 l’italik pendant les réactions religieuses.
cèdent le pas à des vers faux et prétentieux, à destaches, à des verrues, à des plaies. Bref, le chantreimmortel succombe à la réaction, et la pieuse postéritésupplée seu e à sa défaillance, en répudiant ses correc-tions maladives et en déposant sur son tombeau la cou-ronne qu’il n’avait pu recevoir sur son front.
Une emphase froidement imitatrice de l’Espagne faitavorter tous les élans; aux types de l’élégance succè-dent les types du mauvais goût, Achillini,Marini, abo-minables poètes qui parodient par des contorsionsde possédés l’inspiration récente de Lope et de Caldé-ron. On ne chante plus ni les scènes des trois mondes,ni un amour sans tache, ni les fureurs de Roland, nila délivrance du tombeau de Dieu ; dans le poème decette époque, une Vénus suspecte verse des larmes peut-être masculines sur le ravissant Adonis déchiré par lesanglier. Plus de seigneurs qui inspirent des chefs-d’œuvre, plus de forbans couronnés qui s’allient auximmortels souvenirs des beaux-arts ; la gravilé hispa-nique , la morgue des Altesses, le sossiego des Gran-desses, les vice-rois qui ne tournent pas la tête pc '•imiter la majesté des empereurs byzantins, l’accablanteétiquette du roi catholique, la misère qui s’attachecomme la lèpre aux campagnes, une dévotion orgueil ■leuse qui multiplie les mendiants, tout concourt àcouper court aux grandes traditions des époques oùle génie des initiations était le génie familier de Flo-rence, de Milan ou de Venise. On dirait que le Tasse,l’Arioste, Michel-Ange, Raphaël et tous leurs contem-porains, tout à coup transformés en statues comme ceshéros de roman qui arrivent sur un sol enchanté,ne peuvent plus marcher avec la nation qui recom-mence la carrière des sciences et des arts, au point