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l’italie pëndaxt les h bâchons îtiaiGiiii'SES. -109Chez lui, les plans les plus variés se succèdent tou-jours clairs et lucides avec une rapidité magique ; laraison d’État la plus noire change et intervertit à chaqueinstant les perspectives politiques, et Machiavel, con-fisqué par la théologie, bouleverse tous les peuples dela terre. Tantôt il tourne les presbytériens contre lesanglicans , tantôt les Scandinaves contre les Anglais,? tantôt Condé contre le roi ; et tandis qu’il murmure
| des paroles mystérieuses à l’oreille du roi catholique,
f il tient en réserve des conseils pour gagner les élec-
| teurs d’Allemagne, pour tromper la fougue française,
| pour subjuguer les Moscovites ou pour brûler les pro-
| testants. Mais tel est le droit de l’homme de Dieu. Ne
| faut-il pas qu’il simule la folie au milieu des mé-
jj chants; qu’il règne en trompant toutes les prévisions
égoïstes; qu’il tourne les passions contre les passions,le mal contre le mal, la guerre contre la guerre?Enfin dans ses livres théologiques le terrible prophètene cesse de prêcher la suprématie pontificale sur l’u-nivers avec un accent incendiaire qui dévore la papautéelle-même et la transforme en une domination apoca-lyptique d’après le dire du Christ qui a promis de re-venir bientôt, et d’après le souhait fatidique de Brigitte :O Dieu d’amour ! réponds enfin à l’attente de tes ser-v teurs. Quelle infatigable persévérance ! quelle in-domptable inspiration ! quelle obstination surhumainedms ces appels à l’avenir que rien ne décourage et quiimpriment la trace souveraine de la beauté dans sesplus misérables brochures! Parle-t-il à t’Italie, c’estpour lui rendre la grandeur d’Auguste et pour la re-constituer ! S’adresse-t-il à la France, la démagogie dela ligue bouillonne dans ses pages pour exterminer unenouvelle Avignon! S’agit-il de l’Angleterre, il y pousse