PREMIÈRE PARTIE.
I. - ABRÉGÉ DE LA VIE MILITAIRE DE TURENNE JUSQU’A
SA NOMINATION Aü COMMANDEMENT DE L’ARMÉE D’ALLE-
MAGNE (1643).
Dans un parallèle, souvent cité, entre les deuxhommes de guerre dont les victoires ont jeté un si viféclat sur la première période du règne de Louis XIV,le général Lamarque a dit de Condé qu’il était négénéral et de Turenne qu’il l’était devenu : « Le pre-mier se dirigeait par ses inspirations, que Bossuetappelle ses illuminations ; le second, par la réflexionet les leçons fécondes de l’expérience. » Ce juge-ment, que la critique moderne n’a pas laissé de revi-ser en ce qui concerne le duc d’Anguien, dont le tra-vail n’avait pas peu contribué à perfectionner lestalents naturels j 1 ), est resté vrai de tout point pour
(') Voir à ce sujet la belle Histoire des princes de Condé auxxvi e et xvn° siècles , parle général duc d’AüMAi.n (tome IV, publiéen 1886J. — Nous rétablissons, à son exemple, la véritableorthographe du nom d’ “ Anguien », ou du moins celle qui étaitusitée aux xvn e et xvm e siècles ; la forme wallonne (Enghien) n'aprévalu que de nos jours. De même, nous aurons soin de resti-tuer leur véritable physionomie à certains noms propres souventaltérés, surtout dans les relations françaises. Mais il nous a parumutile, dans les nombreuses citations textuelles que nous auronsà faire de documents et de mémoires du temps, de conserver uneorthographe vieillie, au point de rendre la lecture difficile. —Aucun ouvrage nouveau sur les campagnes de Turenne n’a paru