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dans la place les vivres et fourrages qui sc trouvaienten abondance dans les environs, presque sous lesyeux de Gallas, qui était venu s’établir à Mézières,derrière la Seille, avec 20,000 hommes, et qui seretira finalement en Alsace, pour y prendre ses quar-tiers d’hiver.
L’issue défavorable de celte première campagnedécouragea tellement le cardinal de la Valette qu’ilse prit à douter de ses talents militaires et demandaqu’on le rendît à ses fonctions d’église ; il resta cepen-dant à la tête de l’armée, sur les instances de Riche-lieu, mais à la condition que Turenne conserveraitauprès de lui ses fonctions de maréchal de camp. Aumois de mai 1636, il se joignit de nouveau au duc deWeimar, définitivement attaché avec son armée auservice de la France, et tous deux vinrent mettre lesiège devant Saverne, où commandait un des plusvigoureux officiers de l’Empereur, le colonel Mü'nl-heim. « Ce siège, dit un contemporain, est un desplus mémorables qui se soient faits, tant par sa duréeque par son opiniâtre défense. Les ennemis défen-dirent pied à pied toutes les rues et ne se rendirentavec capitulation qu’à la dernière : l’on a perdul’usage, depuis ce temps-là, de défendre les places decette façon. L’assaut lut terrible, de même que larésistance des assiégés; le colonel Iléhron y fut tuéet le vicomte de Turenne y eut la main cassée ( l ). »
(') Mémoires du maréchal de Gramont, qu’il ne faut pasconfondre avec les spirituels Mémoires de son frère, le chevalier,rédigés par Hamilton; le chevalier, plus tard comte de Gramont,servit d’ailleurs, lui aussi, avec éclat; il avait fait ses premièresarmes sous Turenne.