8 —
à 19,000 hommes; elle était placée sous le comman-dement de Louis de Nogarct, cardinal de la Valette,qui avait pour maréchaux de camp « les sieurscolonel Hébron, comte de Guiche (') et vicomte deTurenne ».
Les débuts du vicomte dans la grande guerre lurentassez pénibles. La Valette, après avoir opéré sa jonc-tion avec Bernhard de Weimar dans le Palatinat,chercha vainement à joindre Gallas. Le général desImpériaux, voyant les Français éloignés de leur hased’opérations dans un piîys déjà complètement ruiné,manœuvra très habilement dans la vue, non de lesbattre, mais de les affamer. Bientôt la disette devintsi grande dans le camp des confédérés, qu’ils durentbattre en retraite sur les Trois-Évêchés, après avoir,enterré leur canon et brûlé leurs bagages. Fendantcette retraite, qui commença le 15 septembre et duratreize jours, Turenne se signala par une activité, unsang-froid et une énergie qui lui valurent, dit Bamsay,l’admiration de l’armée. Après avoir vendu tout cequ’il possédait pour soulager un peu les misères de seshommes, il les soutint par ses exhortations et par sonexemple. Il se multipliait pour faire tête à l’ennemi,qui ne cessait de harceler les colonnes, et couraits’assurer des défilés par où l’on devait passer, ayantsoin de faire occuper à l’avance toutes les positionsqui permettaient de tenir les Impériaux en respect.Enfin l’armée atteignit Metz, réduite de plus de moi-tié, et ce fut encore Turenne qui fut chargé de pour-voir à son ravitaillement; il réussit à faire rentrer
F) Depuis due. do Gromont et. maréchal de Franco. « Hébron »est le nom francisé du colonel écossais Hepburn.