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Le général espagnol ne larda pas, en effet, à mar-cher sur Turin ; mais les ponts sur le Pô étaient sisolidement gardés par Turenne qu’il dut se résoudreà chercher plus hau,t un autre point de passage. Ilréussit à précéder son habile adversaire à Moncalieri,mais de quelques heures seulement : b,000 Espa-gnols étaient déjà passés sur la rive droite et s’étaientretranchés dans le village, quand Turenne lesassaillit, les débusqua et leur ferma toute retraite enmettant le feu au pont ; ceux qui ne tombèrent pasentre ses mains se noyèrent dans le fleuve. Lleganes,découragé, abandonna le commandement de l’arméeà son lieutenant Carlo délia Gatta, sous prétexted’aller lever lui-même de nouvelles troupes. DéliaGatta ne réussit pas mieux à tromper la vigilance deTurenne; malheureusement, en s’opposant à l’une destentatives de passage des Espagnols, le vicomte futblessé d’un coup de mousquet à l’épaule droite etdut se faire porter à Pignerol pour y être soigné(2 juin). Lleganes, revenu avec des renforts, profitade son absence pour franchir le Pô à Moncalieri etvint assiéger le comte d’Harcourt dans son camp.Les historiens n’ont pas manqué de faire ressortir lespectacle, en effet assez extraordinaire, unique mêmedans son genre, qu’offrait alors le siège de Turin :la citadelle, qu’occupaient les Français sous M. deGouvonges, était investie par le prince Thomas,lequel était lui-même assiégé dans la ville par l’arméedu comte d’IIarcourt, que bloquait à son tour l’arméeespagnole commandée par le marquis de Lleganes.
Le 12 juillet, Turenne, remis de sa blessure,amena à l’armée française un important renfort et un
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