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prince Thomas. Cette place délivrée, il s’empara suc-cessivement de Ceva, de Mondovi et de Cuneo(Coni).
Homme de devoir avant tout, Turenne avait secondéson général avec le même zèle que par le passé. Néan-moins, le cardinal de Richelieu, appréhendant qu'unerivalité préjudiciable aux intérêts de l’Etat ne s’éta-blît entre ces deux hommes, résolut de les séparer.Turenne fut envoyé à l’armée des Pyrénées orientales,sous les ordres du maréchal de la Meilleraye (mars1642); c’est à cette occasion (et non en-1638,comme le disent, avec Ramsay, la plupart de sesbiographes) qu’il reçut le titre nouvellement créé delieutenant général ('). Il assista en cette qualité au siègede Perpignan, qui ne se rendit qu’après cinq moisde blocus (9 septembre) et dont la chute assura défi-nitivement à la France la possession du Roussillon.
Dans l’intervalle, son frère, le duc de Bouillon,compromis dans la conspiration de Cinq-Mars, avaitété arrêté par ordre de Richelieu, et, bien que lecardinal n’eût aucune raison de suspecter, plus quepar le passé, la loyauté du vicomte de Turenne, il nelaissa pas de lui témoigner une certaine froideur et
(') Les lieutenants généraux étaient alors pourvus, non cl ungrade, mais d’une commission. •> Le commandant en chef avaitauprès de lui, d’abord un lieutenant général chargé de le secon-der ou de le remplacer en cas d’empêchement, puis des maré-chaux de camp en nombre variable. Ces officiers générauxn’avaient ni emploi fixe, ni tour de service, ni même un rang bienmarqué. Ils recevaient des missions temporaires, la direction d undétachement, d’une attaque pendant un siège ou d’un groupe detroupes un jour d’action. Pour donner des ordres, pour régler lesmouvements et la formation sur le terrain, le général en chef étaitassisté par un ■< maréchal de bataille » et par des “ sergents debataille ». 'Général duc d’Aumale, op. cit.)